•        Madame Bernadette Fournez était une demoiselle âgée de soixante-trois ans. Sa réputation de « Je me mêle toujours de ce qui ne me regarde pas » la précédait. Elle trouvait toujours le moyen pour fourrer son petit nez pointu dans les affaires des autres.


            En ce moment, un grand mystère entourait toute son existence, une curiosité extrême envahissait tout son corps vieilli par le poids de tant d'années. Elle donnerait toute sa fortune....Non !!! toute sa vie  pour avoir l'opportunité de fourrer non pas son nez cette fois, mais son œil un instant seulement dans le trou qui se trouvait dans la muraille devant laquelle elle passait quotidiennement et ne savait pas ce qui se tramait  derrière. Elle n'aimait pas la phrase « Je ne sais pas !!! » Un seul coup d'œil dans cette minuscule percée suffirait...Ah ! Bon Dieu comme cela serait agréable !!!


              Tenant son courage à deux mains, Mme Fournez décida alors d'assouvir sa curiosité ce matin même. De très bonne heure, elle sortit de  sa demeure afin de ne croiser personne ... En s'approchant de la muraille, son cœur commença à battre la chamade. Une seule question emplissait tout son intérieur « Que vais-je voir ??? » Plus que dix mètres avant d'arriver à l'endroit de sa délivrance. Plus que trois, deux, un mètre. Elle s'approcha de la muraille et voulut fourrer son œil dans cette ouverture ; malheureusement, de loin apparut un homme accompagné  de son chien. Il s'avançait d'un pas lent et suivi de son clébard. Au même moment, elle s'éloigna d'un mètre du mur, fit semblant de chercher dans son vieux, vieux, vieux sac noir. Le passage de ce monsieur avait duré une éternité pour notre curieuse. Quand il s'était perdu à l'horizon, elle se précipita telle une folle vers le trou et y fourra son œil avec un gigantesque soupir....


    -         Ahhhh ! Bon sang !!!! Mais c'est... c'est....c'est...


    Mais qu'a-t-elle vu au juste? Il faudrait attendre la suite....


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  • L'homme...

    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>     Il prenait comme moi le 18h 45. Je le voyais quotidiennement  assis à la même place, dans le même wagon ; fixant le même point. A chaque fois, je passais devant lui pour m'installer au fond, à ma place de prédilection où je  m'engouffrais dans les dédales d'un bouquin pour ne plus en sortir jusqu'au terminus. A ma descente du train, l'homme n'était plus là. Il était sûrement descendu à la gare de La Fontaine Bleue. Ce qui  m'intriguait en lui, c'était sa façon de fixer quelque chose devant lui pour ne plus détourner les yeux. Que regardait-il ? A quoi songeait-il ? Pourquoi avait-il cette manie de languir sur un endroit déterminé ?
          Comme d'habitude ce jour là, je suis monté dans mon train. Comme d'habitude, je suis passé devant mon étrange bonhomme. Mais ce qui n'était pas habituel, c'était cette femme qui s'était installée  à ma place. Agacé par cette importune qui avait perturbé mes habitudes et qui m'avait arraché à mon univers; j'ai décidé alors de m'asseoir en face de mon homme. C'était la première fois que je le voyais de face. Il  frisait la trentaine avec un visage totalement hermétique. Il avait posé son long manteau sur les genoux.
         J'ai pris mon bouquin et avant de commencer mon rituel quotidien, j'avais une envie folle de savoir ce qu'il allait fixer aujourd'hui. Et quelle fut ma surprise de remarquer que ses yeux bleus, hypnotisant, avaient décidé de jeter leur dévolu sur moi. Mais bon dieu pourquoi me dévisageait-il ainsi ? C'était vraiment  déconcertant ! Je suis toujours irrité lorsque je constate que quelqu'un me  considère ainsi. J'essayais de lire pour contenir mon   indignation mais en vain. Ses yeux me narguaient même au fond de mon livre et dans chaque page. Je n'en pouvais plus...
    -         Mais bon sang, monsieur ! Est-ce qu'on se connaît ... ? Lui lançai-je.
    -         Pardon... ???
    -         Est-ce qu'on se connaît ... ?
    -         Quoi... ? Je n'ai pas compris !!!
    -         Pourquoi me dévisagez-vous ainsi ?
    -         Moi !!! Je vous dévisageais ???
    -         Oui, oui...Est-ce que je suis un menteur ?
    -         Mais je ne vous ai pas traité de menteur monsieur, c'est seulement que je suis étonné !
    -          Alors là c'est la meilleure. Vous me détaillez le visage puis vous me dites que vous êtes étonné?
    -         Excusez ma désobligeance monsieur. Je suis vraiment désolé. Je ne l'ai pas fait intentionnellement ... 
        A cette dernière phrase, il a compris sa maladresse en détournant les yeux vers la fenêtre. Enfin, je pouvais continuer mon histoire en toute tranquillité. Néanmoins, j'avais un tout petit peu honte de l'avoir ainsi rudoyé. Finalement, je me suis réconforté en me disant, sans conviction, que c'était lui qui avait commencé.   
         Après un bon moment, le train ralentit à l'approche de la gare de La Fontaine Bleue. L'homme se leva, enfila son long manteau et sortit de sa poche quelque chose qu'il déplia. Oh mon dieu !!! C'était une canne blanche !!!    
         Quand le train s'arrêta, le pauvre me souhaita bonne route et bonne nuit avec un sourire aimable puis il se dirigea vers la sortie. Il me laissa tout seul en train de broyer du noir...
    ... Demain, je me rattraperais...
    <o:p> </o:p><o:p> </o:p><o:p> </o:p>

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  • La plainte

    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>C'est moi qui pleure
    C'est moi qui gémis
    C'est moi qui agonis
    C'est votre mère
    L'Algérie.
    Autrefois arrosé
    Par un sang sacré,
    Celui d'un million et demi.
    Aujourd'hui, salit
    Par  un sang maudit ;
    Celui de la haine, de la cruauté
    Et de la barbarie.
    J'ai toujours prié,
    Je prie
    Et je prierai
    Pour que la colombe blanche passe
    Dans mon ciel maculé
    Pour que la paix efface
    Tant d'hostilités.
    Ayez pitié de votre patrie
    De moi, votre mère ALGERIE.
    <o:p> </o:p><o:p> </o:p>Fait en 1999 pendant la décennie noire dans laquelle le frère tuait son frère. 

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  • Rêveries

    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>J'ai tant voulu  rompre les fers,
    Qui enchaînent mon esprit !
    <o:p> </o:p>J'ai tant voulu  percer l'épaisse  muraille
    Qui bloque le fil de mes pensées !
    <o:p> </o:p>J'ai tant voulu quitter la cellule,
    Qui  emprisonne mes idées !
    <o:p> </o:p>J'ai tant voulu m'évader
    De cet univers carcéral !
    <o:p> </o:p>Oui, j'ai tant voulu  m'échapper
    De ce ghetto qui m'enceint.
    <o:p> </o:p>Hélas ! Je suis toujours là
    Entre les murs de ma prison
    Pensant, repensant ;
    Et rêvant d'un jour imminent.
    Dans lequel je déploierais enfin,
    Mes ailes aux vents.
    <o:p> </o:p> 

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  •  L'île



     

    - Deuxième partie -
     
         Mais avant même de réaliser ce qu'il lui arrivait,  il s'effondra sur cette incroyable plage. L'extrême épuisement de ce long voyage qu'il venait d'effectuer a eu raison de lui. Il était tombé dans un profond sommeil que rien ne pouvait perturber, du moins pour le moment.
          Après une interminable journée d'endormissement, une faim dévorante obligea le docteur à se réveiller.
    -         Je devrai maintenant trouver de quoi calmer les grognements de mon estomac.
        Promptement, il s'avança  vers les cocotiers qui bordaient la plage de sucre. Il voyait les superbes noix de coco en haut de ces arbres, ne demandant que d'être cueillis. En arrivant devant le premier cocotier, que fut sa surprise en découvrant que le tronc de celui-ci était tout en gaufrette. Il en dégusta un petit bout qu'il trouva délicieux et commença à comprendre qu'il était échoué dans l'île de confiserie. Sa théorie se confirma  surtout après avoir secouer le tronc de cet arbre et ramasser un noix de coco qui était un succulent grand bonbon enrobé de chocolat.
         Le docteur Alex Dreamond décida donc d'explorer cette île qui lui faisait rappeler un livre qu'il avait lu quand il était enfant : Wonka chocolaterie. Il arriva devant une forêt dense. Sans hésiter un instant, l'aventurier s'y engouffra.
         Au fur et à mesure qu'il progressait à l'intérieur  de cet endroit féerique, les découvertes se font de plus en plus persistantes. C'était inimaginable, des bonbons au réglisse avaient pris la place des herbes, des fleurs au caramel et au chocolat, des arbres tout en gâteau avec des nougats, des friandises, des bonbons fondants, acidulés, mous, fourrés, caramélisés  comme fruits. Il vit même des oiseaux étranges  qui ressemblaient à de grandes pralines et qui pendaient des œufs au chocolat. Au milieu de ce spectacle époustouflant, une rivière de lait coulait tout en douceur. A chaque fois le docteur goûtait à un morceau de gâteau par-ci, un bonbon par-là ; une sucette au caramel par-là, une dragée par-ci. Pour s'altérer, il avait rempli deux gourdes, l'une avec du chocolat, l'autre avec du lait. Le soleil ici ne dégageait pas de la chaleur mais au contraire de la fraîcheur. « Sûrement  pour que le chocolat ne fonde pas... » pensa le docteur.
         Sans lassitude, il continua son exploration  et à maintes fois son étonnement fut impressionnant devant cette île qui lui dévoilait petit à petit ses magnificences. Mais le docteur avait l'impression d'être guetter, d'être suivi. Il n'était pas seul. C'était son instinct d'aventurier qui l'avertissait toujours quand quelque chose n'allait pas.
    -         Je sens des yeux tout autour de moi, soupçonna-t-il.

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